La chambre des empêchements
La chambre des empêchements est un contenant et un contenu, une œuvre et un lieu d'exposition, un espace du dedans-dehors, mi-chambre, mi-atelier, mi-salon-salle-à-manger, un espace féministe intersectionnel sympathisant des luttes anti-validistes qui accueille des artistes, poètes.ses et théoricien.ne.s de l'art à lire, performer et exposer leur travail.
« J’aimerais produire un objet pour toi, qui parle de toi, de ton travail. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? » Cette question posée à chaque artiste invité.e amorce une discussion autour d’elle.ux et de leur travail où la recherche formelle sert de médiation. Tournant une pratique de l’intériorité vers l’extérieur, la chambre des empêchements envisage la sculpture comme une manière d’entrer en relation et de prendre soin d’autres artistes.
La chambre des empêchements se refuse au storytelling anxiogène de la productivité et de la réussite. « Le futur n'est pas une répétition du monde capitaliste-impérialiste. » a dit Hélio Oiticica. Face à l'angoisse et la sidération qu'engendre l'hégémonie toujours croissante culturelle et politique des discours d'extrême droite, elle construit un réseau et une communauté de pratiques et d’œuvres émancipatrices qui touchent aux désirs, aux entraves et aux méthodes précaires pour s'en sortir. Nos pierres d'achoppement érigées au rang de matériaux, faisons avec le non-faire, générons du mouvement à partir de la matière même de l'immobilité.
La chambre des empêchements a vu le jour en 2022 - sous le nom de La Fin de l'Oblomovtchina - grâce au soutien financier de l'Aide Individuelle à la Création 2021 (Drac Île-de-France). La chambre-atelier s'est construite dans l'espace humide et l'air vicié d'une maison-lac à Fontenay-sous-Bois, s'est déplacée à Paris dans un atelier temporaire de la Villa Belleville en 2022, a été interrompue par la précarité, rêvée dans un appartement de Vitry-sur-Seine, relancée, enfin, à l'atelier Flemme (anciennement Flamme) à Montreuil le 27 avril 2025 avec les artistes, auteur.ices et performeur.euses Lucie Camous, Manoela Prates et Valentina Traïanova.
La chambre des empêchements trouve son chemin, s'enrichit de l'eau des autres, court et glisse et coule pour grossir, abreuver, fertiliser. On ne s'y baignera jamais deux fois dans le même lit.
Pour cette seconde édition, Anaïs Ang a échangé avec Ana Bordenave, Anouck Lemarquis, Anaïs Leroy et Aurélie Faure et réalisé des sculptures à partir de leurs discussions.
Ana Bordenave est historienne, autrice et critique d'art indépendante. Elle lira un texte qui tisse des liens entre ses recherches pour la revue Sorcières et la reconnexion que ce travail a opéré en elle.
Frappée par la vitalité d'Ô Léonie et des propositions artistiques qui en émergent, par ce que produit une organisation par des femmes, mais aussi par l’intensité et l’épuisement que cet engagement peut engendrer, j'ai invité les fondatrices du lieu, Anouck Lemarquis, Anaïs Leroy et Aurélie Faure à réfléchir à leurs empêchements.
Anouck Lemarquis présentera une pièce sonore liée aux problématiques de sommeil, aux écoutes qui détendent lorsque celui-ci ne vient pas ou que la douleur est trop grande. Anaïs Leroy performera une pratique miniaturisée, une collection de petits gestes et de sculptures se glissant dans les interstices du trop : trop d'engagements, de curatoriat, de collectif, trop de tout sauf l'essentiel. Aurélie Faure lira un texte écrit en 2021 qui explore son rapport à la maladie invisible, au lâcher-prise et au repos, et résonne encore avec des problématiques demeurées irrésolues malgré les années et les transformations traversées.
Les artistes d'Ô Léonie ont été invité.e.s à participer en proposant des pièces sonores qui seront diffusées dans l'installation avant et après les performances. Margot Bernard, Lucie Camous, audrey liebot, Rozenn Veauvy et Nolwen Vuillier présenteront un enregistrement du Canon poétique performé lors de l'événement Sans titre à Ô Léonie, tandis qu'un texte lu par Agathe Berthaux Weil réfléchira au rapport complexe entre maternité et gestion du temps.
Anaïs Ang activera la sculpture La langue heureuse, performance au cours de laquelle elle lira la version finale du texte au cœur du projet depuis ses prémices, qui aborde la question de la dissociation et de la reconquête du désir par une fable poétique.
ACCESSIBILITÉ
- Événement au rez-de-chaussée du bâtiment avec une rampe d'accès.
-Transcription écrite des textes lus et des pièces sonores.
-Possibilité d'arriver sur place en avance, et de suivre les performances de les écouter depuis la cours selon la météo (fenêtre au rez-de-chaussée) où à distance.
Gratuit - Ouvert à toustes
Pour nous aider à anticiper au mieux votre venue, merci de vous inscrire ici.
Au plaisir de vous y accueillir ♡